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Un article transparent et éclairant sur les coûts de l’entrepreneuriat.

Sur fond bleu étoilé, le titre de l'article et la mention "J'ai pensé qu'un article sur les frais de mon entreprise pouvait intéresser d'autres entrepreneurs (actuels ou en devenir)." Photo de Nathalie Bagadey le menton sur la main, assise sur une chaise.

Pourquoi j’ai écrit cet article

Cela faisait très longtemps que je voulais parler de ce sujet car beaucoup de personnes ignorent complètement les réalités financières de l’entrepreneuriat. Et de cette méconnaissance résultent deux attitudes négatives :

  • Une jalousie devant les bénéfices apparents de l’activité, jalousie qui oublie de prendre en compte les efforts mis en place pour obtenir lesdits bénéfices. C’est la célèbre métaphore de l’iceberg…
    Illustration montant un iceberg. Partie émergée : succès. Partie immergée : discipline, travail, doutes, peurs, échecs, déceptions, sacrifices, détermination, bonnes habitudes.

    Image trouvée ici.

 

  • Une impression de “facilité” menant certaines personnes à se mettre en danger, car elles se lancent dans l’entrepreneuriat sans avoir suffisamment anticipé les contraintes…

Ces contraintes, justement, elles ne sont pas que financières. Mais comme l’aspect pécuniaire est un sujet qui est rarement abordé par les entrepreneurs, j’ai souhaité dans un premier temps évoquer ce point. Vous me direz si vous souhaitez que je vous présente d’autres aspects de ma vie d’indépendante. 😉

 

Ma structure administrative

Chaque situation est différente et je ne voudrais pas que vous preniez ce que je dis ici comme “argent comptant” 😁. Les éléments que je vais vous lister plus bas ne sont pas applicables à chaque cas et correspondent à des contraintes qui me sont propres et à des choix personnels.

Ainsi, je ne suis pas en microentreprise, car j’ai eu la chance de pouvoir débuter mon activité d’autrice tout en étant fonctionnaire et en déclarant mes bénéfices (en BNC) sur ma déclaration d’impôts personnelle. Lorsque j’ai quitté l’Éducation Nationale pour une activité d’indé, j’avais un public suffisamment large pour me permettre d’envisager une autre structure que la microentreprise (celle-ci ayant deux écueils à mon avis : 1) le fait d’être imposée sur mon CA et pas sur mes bénéfices et 2) de ne pas pouvoir déduire toutes les charges inhérentes à mon activité).

J’ai donc opté pour l’EIRL, Entreprise Individuelle à Responsabilité Limitée. Aujourd’hui, ce statut a été simplifié, puisque toutes les EI sont à responsabilité limitée. Et j’ai également opté pour la déclaration de TVA, ce qui a été une excellente chose à mes débuts puisque :

  • J’ai acheté beaucoup de matériel pour me lancer (donc je payais beaucoup de TVA à 20 %).
  • Mes revenus provenaient essentiellement de mes livres (donc je récoltais peu de TVA car celle-ci n’était qu’à 5,5 %).

Ainsi, au final, l’état m’était redevable chaque trimestre, youhou !! 🥳 (spoiler alert, ma situation a changé depuis… et il est plus que probable que je change de régime concernant la TVA en 2024 😅)

Enfin, dernière précision importante : à l’époque, la gestion des artistes auteurs venait d’être attribuée à l’URSSAF Limousin (depuis le 1er janvier 2019) et les déboires des utilisateurs étaient tels que j’ai freiné des quatre fers à l’idée de rentrer dans cet engrenage. Pour info, encore aujourd’hui l’organisme fait preuve d’une gestion problématique sur de nombreux points 🤦‍♀️ : en tant qu’organisme diffuseur (pour le salon du livre que j’organise), je me suis arraché les cheveux à de nombreuses reprises et halluciné devant les réponses que l’on me faisait. 🙄 Pourtant je le savais, hein, puisque depuis 2019 je fais partie des… 23 000 abonnés d’une page au nom évocateur : “ARTISTES-AUTEURS : MDA-AGESSA, URSSAF, mais enfin, j’y comprends que dalle !“, où les appels à l’aide sont quotidiens… 🙄

Bref, pour en revenir à ma situation personnelle, à l’heure actuelle, je ne suis pas référencée comme ayant une activité d’autrice mais de conseil. Et c’est cohérent, car c’est bien cette deuxième qui génère le plus de revenus. Il n’empêche que si la gestion de l’URSSAF Limousin n’était pas aussi problématique, je l’aurais rejointe depuis longtemps…

Voilà, le cadre étant posé, je suis prête à vous raconter où vont tous les sous que je gagne avec mon activité… 😅

Les dépenses annuelles

Je vous conseille vraiment, si vous le pouvez, de privilégier les paiements annuels car ils sont souvent plus avantageux que les prélèvements mensuels. En revanche, il faut faire attention à ne pas les prendre tous à la même période, car sinon, aïe aïe aïe lorsque les échéances tombent ! Moi, j’ai 3 gros moments de dépenses : avril, septembre et décembre.

Voici les éléments qui figurent dans mon tableur Excel pour 2023.

capture d'écran du tableur de Nathalie Bagadey avec ses dépenses annuelles

En gris, les éléments ayant déjà été comptabilisés. En blanc, ceux de l’année dernière, qui sont à prévoir pour 2023, sauf ceux qui sont barrés.

On le voit, annuellement, j’ai déjà 2 458 € de dépenses diverses à pourvoir. 😎

Les dépenses incompressibles sont aussi les plus chères :

  • Ma solution d’emailing, Active Campaign : 422 € (toutes listes confondues j’ai plus de 1 200 abonnés, je ne peux plus faire appel à des solutions gratuites).
  • La plateforme d’hébergement de ma formation, Podia : 390 €.
  • Les diverses dépenses administratives : l’assurance professionnelle, l’adhésion à l’association de gestion agréée, la CFE (Cotisation Foncière des Entreprises)…
  • Petit aparté en ce qui concerne Canva : j’ai utilisé pendant des années sa version gratuite. Mais lorsque j’ai créé mon entreprise, j’ai estimé plus juste de payer un service que j’utilise quasiment au quotidien.

Les dépenses que j’ai décidé d’arrêter cette année : les abonnements* à

  • Streamyard, une plateforme que j’ai adorée pour streamer mes lives. Mais comme j’ai stoppé ceux-ci (investissement temps et financier supérieur aux bénéfices), j’ai pu y mettre fin.
  • Ausha, la plateforme qui a hébergé mes podcasts. Là encore, trop peu de rentabilité en ce qui me concernait, d’où l’arrêt de cette dépense.
  • Easy Prompteur Pro : la rédaction de cet article m’a permis de réaliser qu’il fallait également que je mette fin à cet abonnement, même si j’adorais cette interface, dont je me servais pour mes formations. Elle me permettait de lire mon script tout en me filmant de manière naturelle. Or, je n’ai plus l’intention de recourir à cette méthode pour enregistrer mes modules, mais plutôt d’organiser des sessions de captation live. Et pour cela, je n’ai besoin que d’OBS et de YouTube, qui sont gratuits.

* La naissance de mon entreprise est malheureusement allée de pair avec le développement massif des abonnements : si, “avant”, on pouvait acheter des licences “à vie”, aujourd’hui, on se retrouve obligé·e le plus souvent de prendre des abonnements pour pouvoir utiliser applications et logiciels. 

Les dépenses mensuelles

D’autres postes fonctionnent de façon mensuelle, ce qui permet d’absorber ces frais sur l’année et, éventuellement, d’ajuster leur montant (c’est le cas de l’URSSAF).

capture d'écran du tableur de Nathalie Bagadey avec ses dépenses mensuelles.

Et voilà mes dépenses mensuelles (je vous ai masqué les lignes des autres mois, mais j’ai bien 12 occurrences de chacune d’entre elles dans mon tableur). En gris, celles déjà comptabilisées, en blanc, la “mauvaise” surprise de ce mois de juillet.😁

 

Les frais récurrents sont les frais de mutuelle, de comptabilité (mais je déduis 900 € de mes impôts), de téléphonie mobile, une appli WordPress et l’URSSAF.

Ah, l’URSSAF, justement, parlons-en. Jusque-là, mes revenus de 2019, 2020 et 2021 ayant été peu élevés, je payais le forfait minimum. Mais les revenus de 2022 ayant été bien supérieurs, je passe dans une nouvelle catégorie, glurps. Et cela devrait logiquement monter encore pour 2023… Bon, d’un côté, cela fait des sous à sortir mais de l’autre… cela veut dire que mon entreprise est enfin rentable. 😉😎

Au total, ces dépenses mensuelles s’élèvent à 5 793 €.

Je dois donc, chaque année, trouver a minima de quoi financer 8 251 € de dépenses “fixes”. Mais, bien sûr, ce ne sont pas les seules dépenses que j’ai…

Les dépenses ponctuelles

J’ai, comme tout le monde, des dépenses ponctuelles. Voici les plus courantes :

  • Achat de stocks de livres pour mes salons et ma boutique. Et plus vous avez de publications (moi, j’en ai 10 et bientôt 11) et plus le stock augmente…
  • Coûts liés à mes participations à des salons du livre : location du stand et frais logistiques (déplacement, hébergement, repas).
  • Achat de matériel divers de bureautique et d’aménagement de stand.
  • Expédition de mes livres : emballages et frais postaux.
  • Référencement et publicité.
  • Adhésion à divers groupes et associations.

À ce jour, alors que nous sommes en milieu d’années, ces dépenses s’élèvent à 4 266 €. Il est raisonnable d’estimer presque autant pour la fin de l’année, d’autant que celle-ci est riche en salons, donc je budgétise 8 266 € pour l’année.

Pour 2023, j’ai donc un montant cumulé de dépenses à assumer de 16 518 €. Et c’est sans le calcul des impôts, que je traite à part puisqu’il s’agit d’une déclaration conjointe.

En tout cas, je dois non seulement trouver de quoi financer ces dépenses, mais aussi me rémunérer dans l’opération.

Bon, je suis encore loin de mon salaire de prof à mi-temps, qui était de 1 500 € par mois, mais en 2022, pour la première fois, j’ai eu un exercice nettement bénéficiaire. 🥳🥳🥳

Mais cela n’a pas été le cas les 3 années précédentes où, même si j’avais moins de dépenses, j’ai tout de même dû puiser dans mon indemnité de départ volontaire et mes économies, tout en confiant la prise en charge financière de toutes les dépenses familiales à mon mari… ?� Cela n’est pas possible pour tout le monde…

Bon, j’ai lancé mon entreprise juste avant une certaine pandémie mondiale aussi 🙄 et j’ai opéré une reconversion des conférences à l’accompagnement à la publication, mais tout de même, je ne peux pas dire que cela a été un long fleuve tranquille, loin de là. 😅

 

Est-ce que cela en vaut la peine ?

J’avoue que l’aspect “montagnes russes” 🎢, surtout pour quelqu’un qui a toujours été fonctionnaire, c’est un peu difficile à gérer : il y a des mois où j’ai l’impression d’être riche et d’autres où je compte chaque euro dépensé et où je fais les fonds de tiroir pour faire face à mes échéances. 😁

Mais je ne reviendrais en arrière pour rien au monde. 🥰🥰🥰

  • Parce que j’adore ma liberté d’organisation ;
  • Parce que j’adore mon métier ;
  • Parce que j’ai une bien meilleure qualité de vie en termes de rythme quotidien et de gestion du stress ;
  • Parce que je suis convaincue que mon entreprise n’en est qu’à ses débuts et a de très beaux jours devant elle. Pour ceux qui ignoreraient ce que je fais, j’en parle ici.

J’espère que cet article vous aura intéressé·e et je suis très, très curieuse de lire vos réactions à son sujet : estimiez-vous ces dépenses à ce niveau ? Plus ? Moins ? Avez-vous les mêmes dépenses ou d’autres que je n’ai pas ? Avez-vous atteint la stabilité financière dont je rêve pour 2023 ? Auriez-vous des conseils à me promulguer ? Dites-moi tout !!! 🤩⬇⬇⬇💬