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Moments cauchemardesques en dédicaces

Let top ten des moments cauchemardesques en salons du livre

 

Je suis quelqu’un de plutôt positif. Je vois davantage le verre à moitié plein qu’à moitié vide. Même lorsque certains salons s’avèrent un peu décevants, j’en tire toujours des moments plaisants et c’est en général de ceux-ci dont je vous parle.

Toutefois, lors de ces événements, il arrive aussi qu’on vive des moments moins agréables. En général, je ne vous en parle pas car je ne souhaite pas m’éterniser dessus…

Mais je me suis dit que peut-être les auteurs n’ayant pas encore fait de Salons du livre allaient du coup s’imaginer que ce n’était qu’une succession non-stop de dédicaces-petits fours-rencontres inoubliables, alors qu’il y a aussi des moments nettement moins sympathiques…

Comme nous sommes en mode « vacances », je vous ai donc préparé une petite compilation de ces instants qui, heureusement, ne sont pas la norme, afin de vous distraire tout en vous parlant de ces moments que vous allez peut-être devoir affronter vous aussi, voire qui vous rappellent des souvenirs… 😉

 

1. Ces moments où il ne se passe RIEN

Parfois il y a des heures qui semblent durer la journée. Il n’y a personne, votre voisin n’est pas là pour papoter avec vous (ou est du genre décrit au point n° 7), vous êtes sur la digestion, bref, vous vous ennuyez. Ferme.

 

La parade : trouvez une occupation (dans l’idéal en restant sur votre stand), par exemple en prenant des notes pour faire un compte-rendu de l’évènement, en notant des idées pour de futurs textes, en fabriquant des objets liés à votre stand si vous êtes artiste… Si vraiment il n’y a personne dans les allées, vous pouvez abandonner votre stand quelques instants et aller voir ceux des autres, afin de glaner des idées et discuter avec eux. Vous pouvez également envoyer quelques statuts rapides sur les réseaux sociaux mais surtout ne passez pas des heures le nez sur votre téléphone ou dans votre ordinateur, ça décourage vraiment les visiteurs…

 

2. Ces personnes qui vous accaparent

Cela peut-être un visiteur, un ami qui vient vous voir ou un autre exposant. Ils sont le plus souvent pleins de bonnes intentions. Mais il n’empêche que vous êtes venus sur ce Salon (au lieu de rester chez vous ou d’être invité chez des copains) essentiellement pour faire découvrir vos livres aux lecteurs. Or la personne qui vous entretient depuis quinze minutes n’est clairement pas là pour ça : elle veut vous exposer ses avis sur la politique actuelle du gouvernement, vous présenter ses textes, évoquer de bons souvenirs avec vous, vous raconter tous les drames de sa vie…

Même si c’est une conversation sympathique, si elle s’éternise davantage, elle va vous faire plus de tort que de bien : pendant ce temps-là, parmi tous les visiteurs qui passent sans s’arrêter à votre stand (sans s’arrêter parce que vous êtes occupé), il y a sûrement de potentiels fans. Et vous vous en privez…

 

La parade : sans perdre votre sourire, faites clairement comprendre que le temps que vous leur avez accordé est écoulé. Faites des réponses minimalistes, ne relancez pas la conversation. Mine de rien, c’est un travail que vous êtes venu faire et il faut que vous puissiez être disponible pour le réaliser.

 

3. Le visiteur qui hésite vraiment à acheter votre bouquin

Il le prend, le repose, le reprend, le repose. Parfois, il vous dit ce qui le chiffonne : c’est pour un ami et il ne sait pas si celui-ci l’a lu ou sera intéressé, ou alors il a un budget limité et a peur d’acheter le livre d’un inconnu, ou encore il a lu un livre d’un genre similaire et n’a pas aimé…

 

La parade : n’essayez jamais de « forcer une vente ». Cela peut marcher, bien sûr (je l’ai vu faire autour de moi) mais je pense que c’est une très mauvaise stratégie sur le long terme. Car une personne s’étant sentie obligée d’acheter votre livre ne le lira pas forcément avec un esprit positif et risque d’ailleurs de le descendre en commentaires… Moi je préfère vendre moins de livres mais éviter les « erreurs de casting » : si la personne hésite, c’est qu’elle a une raison.

Je préfère donc insister sur le fait qu’il n’y a aucune obligation, que toutes les références pour me retrouver ensuite sur le net figurent sur le marque-page que je leur ai offert, qu’il existe aussi une version numérique moins chère, etc. Je fais même souvent autre chose : avec cette discussion, je commence à avoir une bonne idée d’un livre qui l’intéresserait davantage, de l’un des auteurs présents sur le salon, et je l’invite à aller sur ce stand-là. Même si vous n’encaissez pas de sous, vous gagnez sur d’autres plans : le visiteur vous en sera reconnaissant, il verra que vous n’êtes pas une personne intéressée, et l’auteur dont vous aurez fait la promo apprendra peut-être votre intervention et vous en remerciera, voire aiguillera à son tour des promeneurs vers vous.

 

4. Le visiteur désagréable

Vous lui avez offert un marque-page et il a eu un geste de refus horrifié. Ou vous lui avez proposé de lui présenter vos histoires et il vous a répondu qu’il n’aimait pas lire. Ou encore, après s’être approché de vos couvertures, il commence à vous les descendre les unes après les autres.

 

La parade : surtout, ne vous sentez pas blessé par cette attitude. Elle n’a rien de personnel. C’est votre interlocuteur qui a visiblement un problème de communication, pas l’inverse. Beaucoup d’auteurs se sentent blessés par ce genre de comportement et n’osent pas aborder d’autres personnes ensuite, par peur de leur réaction. Mais croyez-en mon expérience : si vous abordez les gens avec le sourire, et avec une réelle intention de faire découvrir vos histoires (et non de gagner un maximum de sous), vous aurez plus de chances que ça se passe bien que l’inverse. Au pire, si vous tombez sur un bougon, faites-en une anecdote pour votre blog ( 😉 ) et passez à autre chose.

 

5. Vous avez faim. Ou soif. Ou les deux.

Dans un Salon du livre, on a souvent faim ou soif. Soit parce qu’on s’ennuie (voir point n° 1), soit parce que le repas prévu n’est pas toujours très équilibré ou consistant, soit parce qu’il fait très chaud, soit parce qu’on parle beaucoup. Heureusement dans quasiment tous les Salons où je suis passée, les boissons sont offertes ou à un coût réduit pour les auteurs. Mais il y a tout de même des moments où vous aurez envie de manger quelque chose et où vous ne le pourrez pas : soit parce qu’il n’y aura rien de proposé en terme de « petites faims », soit parce que vous ne pourrez pas quitter votre stand.

 

La parade : apportez un thermos avec votre potion magique préférée et des sachets de boisson lyophilisée ou de thé pour les autres demi-journées (vous pourrez sûrement faire remplir votre thermos sur place ou à l’hôtel). Vous pouvez aussi prévoir votre propre repas ou un complément (fruits par exemple). Enfin, il faut toujours avoir de petits snacks / réserves de sucre : non seulement cela peut vous dépanner si vous avez une baisse d’énergie, mais distribuer de petites douceurs à vos voisins fait aussi beaucoup pour la bonne humeur générale. Là, j’ai une pensée émue pour Valérie Simon qui avait fait un gâteau au chocolat pour ses amis exposants aux Intergalactiques, dont je me souviens encore…

 

6. La manutention (déballage et remballage)

Pas le choix, surtout si vous êtes un auteur indépendant : à vous d’amener (et de ramener) vos exemplaires de livres, ainsi que la décoration de votre stand, votre matériel de dédicace, etc. Or cela peut vite prendre pas mal d’ampleur et demander plus ou moins de manutention, surtout en fonction de la distance entre le parking / la gare et le lieu de la manifestation. Je me suis ainsi fait une belle tendinite au coude après avoir transporté de lourds cartons plusieurs manifestations d’affilée…

 

Pour ceux qui seraient intéressés par ce point, j’ai compilé une « check-list » de tout ce qu’il faut amener en Salon du livre pour mes abonnés à « Nota Bene » (newsletter mensuelle sur mon actualité d’auteur) ou à « À vous de jouer ! » (newsletter mensuelle sur l’autoédition). Cliquez sur le lien qui vous intéresse pour vous inscrire et ainsi avoir accès à ces listes… et à d’autres cadeaux de bienvenue.

 

La parade : prévoyez plutôt moins de livres. Mieux vaut tout vendre et être au « chômage technique » que repartir avec 80 % de vos exemplaires. Pour un auteur débutant, je dirais que 30 livres sur un week-end c’est vraiment la limite haute. Investissez également dans du matériel (diable, présentoirs légers et pliants, kakémono transportable et léger).

 

7. Les voisins de stand encombrants ou peu aimables

Votre voisinage est important et peut avoir un impact sur la façon dont vous vivez le Salon. S’ils sont sympas, dynamiques, causants mais pas accapareurs, bingo, vous avez tiré le bon numéro. Je dois dire que la grande majorité de mes voisins ont été de ce type-là, aussi pas de panique. 🙂

Mais j’ai quand même eu droit à quelques auteurs taciturnes, voire grognons ou râleurs (« l’est nul, ce Salon ! », « moi, j’aurais pas organisé ça comme ça »), ou alors qui s’étalent et débordent sur votre stand, ou, le pire pour moi, qui sont tellement « artillerie lourde » lorsqu’ils font la promo de leurs livres qu’ils vont parfois décourager certains visiteurs de s’approcher de vos deux stands, ou qu’ils vont venir « casser votre vente » (expression très utilisée en Salon pour décrire quelqu’un qui s’interpose entre vous et un acheteur potentiel, si bien que ce dernier au final n’achète pas l’article auquel il s’était initialement intéressé).

 

La parade : Je pense que lorsque quelqu’un fait preuve d’un tel manque de savoir-vivre, ça ne sert strictement à rien de le lui signaler. S’il ne s’en rend pas compte par lui-même, c’est fichu… Vous pouvez lui dire que vous trouvez qu’il empiète trop sur votre espace, mais ne vous attendez pas à ce que cela soit suivi d’effet.

En tout cas, je pense que plutôt que de partir à l’affrontement, mieux vaut essayer de trouver des points communs, de parler de ce qui vous rassemble, afin de limiter les dégâts (ce serait pire si, en plus, il ne vous appréciait pas…) Si vraiment un tel voisinage est vraiment trop exaspérant pour vous, sortez de votre stand : déambulez dans le Salon, marchez devant votre allée, bref, éloignez-vous de cet environnement toxique… Par contre, vous pourrez signaler aux organisateurs de la manifestation que cela vous a dérangé et demander à ne plus être placé à côté de cette personne lors des futures éditions.

 

8. Le voisin qui vend, lui

C’est dur lorsque vous êtes assis à côté d’une star et que non seulement vous le voyez dédicacer non-stop… mais qu’en plus ses lecteurs font la queue juste devant votre stand, vous faisant de ce fait disparaître aux yeux des passants… Ça ne m’est pas arrivé souvent mais je me rappelle qu’à Grésimaginaire, alors que j’étais placée sur une toute petite table juste à côté de l’incroyable James Tollum d’un côté et de l’imposant Patrick Godard de l’autre, il y a eu des moments où je me suis sentie invisible… 😉

 

La parade : prenez des notes ! Voyez ce qui fonctionne autant pour lui : est-ce la couverture ? son pitch ? la décoration du stand ? Discutez avec lui lorsqu’il aura un peu de temps libre, car un auteur qui a tant de succès a sûrement des choses à vous apprendre, des conseils à vous donner… Si la foule déborde trop sur votre stand, vous pouvez le leur signaler gentiment. Et parfois certains profiteront de l’instant pour découvrir votre livre, qui sait ?

 

9. Le stand mal placé

On vous a donné un stand qui se trouve face à un mur ou à côté des toilettes ou en plein courant d’air… Pas de chance, c’est vrai. Mais il va vous falloir faire avec.

 

La parade : voyez comment améliorer au mieux la situation (placez votre kakémono à un autre endroit du salon, présentez votre stand de façon à ce qu’on le remarque de loin, éventuellement déplacez votre table si c’est possible en la réorientant). Vous pouvez aussi déambuler devant votre stand au lieu de rester cloîtré derrière ou créer des animations en informant l’accueil, afin d’inciter les visiteurs à le rechercher.

 

10. Vous n’avez pas vendu (assez) de livres

Je l’ai mis en dernier mais en fait, ne nous leurrons pas, c’est la number one des déceptions. Rien de plus déprimant que de repartir avec autant de livres que ceux que vous aviez apportés (voire plus, ce qui m’est arrivé au Salon de Poitiers de 2016, où j’en avais fait expédier sur place…) Le pire, c’est que souvent vous n’y pouvez pas grand grand-chose…

 

La parade : profitez de la présence d’auteurs peut-être plus expérimentés pour gagner des conseils (sur votre livre, sur la raison du faible volume des ventes…), prenez des décisions pour changer des choses si nécessaire, faites un bilan honnête (par rapport aux autres auteurs présents, vous situez-vous dans la norme ou au-dessus d’eux ?), et puis… passez à autre chose. Même si vous n’avez rien vendu, vous aurez passé un week-end plutôt agréable, à discuter avec des personnes très intéressantes. C’est toujours mieux que d’être resté chez vous à ne rien faire… 😉

 

Voilà, ce top ten est maintenant terminé. J’espère bien qu’aucun de ces points ne sera au rendez-vous des Fest’Imaginaires, mon prochain Salon, et que surtout, les avantages primeront.

En tout cas, j’y vais avec un grand enthousiasme et espère que je rencontrerai plein de nouveaux lecteurs !

RV les 13, 14 et 15 août à Conflans, à côté d’Albertville ! : D

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