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écrire _ un travail ou un métier _ 3Après avoir abordé l’activité d’écriture comme 1. « l’exercice par une personne d’une activité dans un domaine professionnel » et 2. « (l’exercice par une personne d’une activité) en vue d’une rémunération », me revoici aujourd’hui avec le troisième point de cette série, à savoir le fait que pour que l’activité soit considérée comme un métier, il faut avoir pratiqué celle-ci « sur une durée suffisante ».

Bien sûr, se pose alors la question de cette « durée suffisante » et de comment la mesurer ? 1 an, 5 ans, 10 ans ?

À partir de la première ligne écrite ou de la première publication ?

Qui peut dire si vous êtes vraiment écrivain ou pas ?

 

Passer de fragments à un projet entier

Je pense que dès qu’on a le « virus » de l’écriture, on est auteur à part entière. C’est souvent un besoin, d’écrire des bouts de mots, des phrases, des histoires, même si on ne fait pas forcément grand-chose de ces écrits.

En ce qui me concerne, j’écris depuis que je suis au collège… J’ai toujours embarqué ces « morceaux » de textes dans mes déménagements, comme autant de promesses d’œuvre achevées…

Mais si la sensation peut être grisante, il n’empêche qu’avant de devenir véritablement « écrivain », il faut en passer par la case « point final ». Et ce n’est pas si évident que cela, pour de nombreuses raisons :

  • parce qu’on n’a pas suffisamment de temps à consacrer à l’écriture ;
  • parce que l’on doute trop de soi et que l’on « recommence tout » plusieurs fois ;
  • parce qu’on n’a pas envie que l’histoire s’arrête ;
  • parce que l’on perd l’enthousiasme du début et qu’on préfère initier de nouvelles histoires que les terminer ;
  • parce qu’on prend peur devant l’énormité de son projet ;
  • parce qu’on se dit, alors qu’on en est aux trois quarts, « à quoi bon ? De toute façon, je ne serai JAMAIS publié… »

Mon conseil pour arriver passer le cap : écrire tout son « premier jet » sans s’arrêter. Si ça s’appelle un « premier jet », c’est pour une raison : oui, ce n’est pas parfait, mais ça permet de poser les bases. Il faut mieux un manuscrit imparfait mais terminé qu’un texte bien travaillé… mais inachevé.

Et donc, enfin, vous disposez d’un manuscrit qui raconte une histoire complète. Bravo !!

Vous êtes un auteur qui a réussi à boucler un projet, c’est déjà très beau et méritoire…

Mais ça ne fait pas de vous un écrivain.

 

La publication : première étape de la professionnalisation

Tant que vous ne serez pas lu (et je veux dire par quelqu’un d’autre que votre petit ami ou votre famille), vous ne pourrez pas être considéré comme un écrivain. Et pour être lu, il faut être publié.

Vous avez vu, dans la deuxième partie, que cela ne signifiait pas nécessairement que vous alliez pouvoir en vivre… Mais au moins serez-vous enfin « dans le circuit » de ceux qui publient.

Comment faire ?

Vous pouvez tout à fait attendre d’avoir la légitimité d’un éditeur derrière vous. Lorsqu’un professionnel vous fait suffisamment confiance pour investir son nom et ses capitaux derrière votre histoire, il n’y a pas photo : vous ÊTES un écrivain.

Mais on le sait tous, cela n’arrive pas à tout le monde. Je dirais même plus : à l’heure actuelle, le secteur est bien bouché. Les maisons d’édition croulent sous les manuscrits et ont des calendriers d’édition établis jusqu’en 2020… Difficile donc d’y trouver une place…

Vous savez déjà ce que je vais vous proposer : l’autoédition.

La question, qui n’est pas évidente pour plein d’auteurs, c’est : « est-ce que l’autoédition peut me donner ce statut d’écrivain ? »

En effet, beaucoup s’imaginent que s’autoéditer c’est un peu faire comme Napoléon quand il se pose la couronne d’empereur sur la tête : c’est s’autoproclamer écrivain. Mais pas du tout !

En autoédition, il est facile de publier son livre et même d’en vendre quelques-uns, mais ce n’est pas ça qui fera de vous un écrivain…

 

Les lecteurs : le gage de votre statut d’écrivain

Voilààààààààà, on y est. Ce qui pour moi fait preuve que je suis un écrivain à part entière.

Ce sont les retours des lecteurs. ♥

Bien sûr qu’on ne peut pas plaire à tout le monde, bien sûr que nos histoires ne vont pas nécessairement révolutionner le monde du livre. Mais on va forcément trouver des gens qui vont nous lire et qui vont aimer nos textes. C’est o-bli-gé.

Et ces personnes, souvent, vont non seulement éprouver des émotions en nous lisant, mais vont même parfois aller jusqu’à communiquer sur celles-ci : en vous laissant un commentaire sur Amazon, sur un site de bibliothèque en ligne comme Booknode ou Babelio, sur leur blog… Et là, mes amis, là, vous savez que vous n’avez pas fait tout ça juste pour vous… Vous savez que vous êtes un écrivain.

Cette semaine, suite à mon super salon du livre Grésimaginaire, j’ai déjà eu un retour. De la toute première personne à qui j’ai dédicacé un livre : Stéphanie. Elle a mis un commentaire enthousiaste sur Facebook, l’a relayé sur Twitter et a publié une chronique sur son blog (lien aujourd’hui disparu). Eh bien voyez-vous, ça, c’est toute la légitimité dont j’ai besoin pour me sentir écrivain… ♥

J’ai remis à jour les articles des retours sur « Éclosia« , « Kassandra » et « Autoédition : à vous de jouer ! » si vous voulez voir les derniers commentaires postés. Et ils sont superbes !!

 

La confirmation : les autres publications

Très peu d’écrivains sont connus pour un seul titre. Grâce à cette série d’articles : https://liseurblog.wordpress.com/2014/10/17/ces-ecrivains-devenus-celebres-avec-un-seul-livre/) je peux notamment vous citer Harper Lee « How to kill a mockingbird », Alain Fournier « Le Grand Meaulnes », Emily Brontë « Les Hauts de Hurlevent »…

Mais bon, on est d’accord qu’ils sont plutôt rares.

Alors vous comprenez ce qu’il vous reste à faire : si vous voulez vraiment de cette carrière d’écrivain, il vous faudra publier plusieurs titres. En outre, chaque nouvelle sortie mettra en valeur vos anciennes publications, donc vous avez tout intérêt à publier régulièrement.

 

Avant de terminer cet article, je voulais vous signaler que je n’étais pas la seule à me poser des questions sur le « métier d’écrivain » : je viens de répondre à une interview de Francis Ash à ce sujet :  http://francis-ash.blogspot.fr/2016/04/vivre-de-sa-plume-la-suite-partie-34.html J’espère que vous irez lire les bêtises que j’y raconte. 😉

 

Enfin, je vous quitte pour quelques jours de vacances, mais je vous donne rendez-vous jeudi prochain, à l’occasion de l’opération #JeudiAutoEdition, pour le dernier article de cette série. J’espère que cela vous intéresse toujours et j’attends vos commentaires avec impatience !

En avril… couvre mon fil !! 🙂

 

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