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Écrire : un travail, une passion ou un métier ? (2/4)

 

 Écrire : un travail, une passion ou un métier ? (2/4)Voici le deuxième article de cette série (le premier est ici : écrire : un travail, une passion ou un métier ? 1/4).

Je vous rappelle que j’ai été amenée à réfléchir sur cette question parce que nombreux sont ceux, même parmi les auteurs, qui pensent qu’écrire ne peut PAS être un métier.

Or, je suis partie d’une définition sur les métiers et j’essaie d’étudier point par point en quoi ce que je fais peut s’apparenter (ou non) à un métier.

Voici la liste des points que je compte donc traiter : par « métier », on entend

  1. « l’exercice par une personne d’une activité dans un domaine professionnel »
  2. « (exercice par une personne d’une activité) en vue d’une rémunération »
  3. il faut avoir pratiqué cette activité « sur une durée suffisante »
  4. un métier, c’est par extension avoir acquis un « degré de maîtrise » suffisant dans son activité.

Après avoir déjà abordé le premier point, je me penche donc aujourd’hui sur cet aspect ô combien intéressant de la rémunération.

Un sujet tabou

C’est un sujet d’autant plus intéressant qu’il est tabou.

Déjà parce que nous avons tous en tête l’image de l’écrivain maudit, criblé de dettes, mourant dans la déchéance et dont les livres deviennent des best-sellers après sa mort : Verlaine, Baudelaire, Mallarmé, Chateaubriand ou Edgar Allan Poe, pour n’en citer que quelques-uns.

Si « cela a toujours été comme cela », pourquoi cela devrait-il changer ?

En outre, pour de nombreuses personnes, monnayer un texte pose problème. Que ce soit côté acheteur ou côté vendeur. Moi la première, j’ai eu du mal à mettre un prix sur ce que j’écrivais et à faire payer mes histoires.

Sauf que.

Les temps ont changé

  • Nous sommes dans une société où ce qui est donné a souvent moins de valeur. Je l’ai bien vu, à mes débuts, où j’ai offert à de nombreuses personnes mes livres (que j’avais pourtant achetés moi-même à mes éditeurs)… et ai été très déçue de voir que très peu les avaient au final lus ! De même, lorsque vous mettez un livre en gratuit sur Amazon, certes les téléchargements sont aussitôt conséquents… mais finalement très peu des personnes ayant téléchargé le livre le commentent. Moi même, en tant que lectrice, j’ai de nombreux livres dans ma liseuse qui sont dans ce cas : je lis de préférence ceux pour lesquels j’ai déboursé quelques euros…
  • Lorsque l’on a écrit un texte, ce n’est jamais anodin. Il y a des heures et des heures passées dessus (à concevoir l’histoire, à l’écrire, à la corriger). Je trouve que c’est vraiment faire peu cas de ce temps dédié à rien d’autre qu’à l’écriture s’il n’y a pas de contreparties dessus. Et là, je parle uniquement de l’histoire, de cette « PEE » (puissante expérience émotionnelle) qu’elle est censée procurer au lecteur. Bien sûr qu’ensuite il y a l’objet à fabriquer et à diffuser, donc il FAUT que le livre ait un coût. Or, j’ai déjà donné ces chiffres mais il est toujours bon d’en parler encore et toujours car l’auteur (à l’origine de l’histoire, rappelons-le) est celui qui touche le moins de revenus de la vente d’un livre. C’est très visible sur le schéma ci-dessous, trouvé sur le site de l’Express :

 

 Écrire : un travail, une passion ou un métier ? (2/4)

  • Écrire demande un temps fou. Or, ce temps, il ne vous est pas rémunéré : vous ne touchez pas un salaire mensuel pour écrire un livre. Vous êtes uniquement rémunéré sur les ventes de celui-ci. Dans le circuit de l’édition classique, on vient de le voir, l’auteur ne touche le plus souvent que 10 du prix du livre. Et il ne recevra le montant correspondant qu’à l’occasion de versements soit annuels, soit (au mieux mais plus rarement) trimestriels. Je ne connais aucun éditeur qui verse des droits d’auteur mensuels à ses auteurs, merci de me les indiquer en commentaire s’il y en a. Donc, le « salaire » d’un auteur est tributaire de plusieurs choses, elles-mêmes très aléatoires : 1) les ventes de son livre, 2) le pourcentage qu’il en reçoit et 3) la fréquence à laquelle il touche ses droits d’auteur.

Pour être plus clair, prenons un exemple concret : un auteur édité devrait vendre sur une année 7 200* livres à 20 € pour espérer toucher le SMIC (soit environ 1 200 € net par mois).

Pour un auteur autoédité, les attentes sont différentes puisqu’il peut gagner jusqu’à 70 % du prix de son livre. Il est tout de même plus fréquent, compte tenu des investissements notamment, de compter sur un bénéfice de 50 %. Donc, toujours dans notre exemple d’un livre à 20 €, un auteur autoédité aura « uniquement » besoin de vendre 1 440** livres en un an pour atteindre le SMIC.

Je n’en suis pas encore là…

Toute la question est donc de savoir si je gagne l’équivalent du SMIC aujourd’hui. Et la réponse est non.

Pas encore.

Et on en arrive au nœud du problème : plus on a de livres sur le marché, et plus on peut espérer atteindre ces chiffres. Or écrire ces livres prend du temps, du temps que vous n’avez pas puisque vous avez un « vrai » travail par ailleurs.

Il faut donc s’armer de patience, que l’on soit auteur autoédité ou édité de façon traditionnelle.

Ceci dit, nous n’avons vu jusque là qu’une façon d’être rémunéré : via la vente de ses livres.

Il existe d’autres pistes que j’ai déjà commencé à creuser ou vais explorer les prochains mois :

  • les programmes partenaires et les affiliations avec des produits que vous appréciez (ce qui est différent de la publicité non contrôlée, que je refuse pour ma part d’installer sur mon site). En ce qui me concerne, je ne promeus que deux produits sur ce blog : Amazon (où j’étais cliente longtemps avant de devenir vendeuse de mes propres livres), et la formation Scrivener que j’ai moi-même suivie et trouvée extrêmement utile : « Learn Scrivener Fast » (en anglais) ;
  • les interventions payantes dans les médiathèques et salons : je n’en ai fait qu’une seule pour l’instant mais c’est un tort car c’est formidable à faire et cela peut rapporter un montant non négligeable. Il faudrait que je démarche d’autres lieux, mais je manque de temps pour cela.
  • les plates-formes collaboratives, du genre « adopte un auteur.com »… Grâce à Pascal Bléval, un auteur que je suis avec beaucoup d’intérêt, j’ai découvert l’existence d’un site que je ne connaissais pas, Tipeee. Son nom vient du mot anglais « tip » (pourboire) : l’idée est de demander à ceux qui le souhaitent et surtout ceux qui le peuvent d’aider l’artiste de leur choix à concrétiser ses projets en l’assurant d’un revenu régulier. J’ai fini par m’y inscrire aussi et voilà l’adresse de ma page (je pense qu’elle ne sera accessible que dans quelques jours) : https://www.tipeee.com/nathalie-bagadey. (N. B. J’ai été ravie d’apprendre, lors de mon inscription, que Laurent Ruquier faisait partie des personnes ayant financé le projet : si vous me suivez depuis longtemps, vous savez à quel point j’apprécie écouter ses émissions à la radio.)

Arrivée à ce stade de mon article, je souhaite insister sur un point : vous n’avez aucune obligation de me tiper. Vous me lisez en ce moment même, voire commentez mes articles et/ou êtes abonnés à la newsletter, c’est déjà beaucoup et je vous en remercie. J’ai d’ailleurs longtemps hésité avant de m’inscrire sur Tipeee car je ne voulais pas que mes lecteurs se sentent redevables de quoi que ce soit.

Mais comme me l’ont dit des amis auteurs, ce serait dommage de ne pas créer ce lien supplémentaire car il pourrait d’une part vraiment m’aider et d’autre part j’offre des contreparties qui peuvent faire plaisir aux Tipeurs.

Alors voilà, c’est chose faite, une nouvelle étape dans mes efforts pour vivre de ma plume. Je me donne jusqu’à fin décembre 2016 pour voir si j’arrive à quelque chose d’intéressant avec cette plate-forme. En attendant, n’hésitez pas à me faire part de votre feed-back à ce sujet.

Mais revenons-en à l’article du jour. Ce que j’espère avoir réussi avec celui-ci, c’est :

  1. redonner de l’espoir aux auteurs qui rêvent de pouvoir vivre de leur plume. C’est difficile, certes, mais cela l’a toujours été et l’autoédition peut peut-être vous aider à y arriver plus rapidement. En tout cas, j’en suis convaincue.
  2. faire changer les mentalités : nous vivons dans une nouvelle ère, et le modèle de l’auteur vivant d’amour et d’eau fraîche, les poches trouées, est dépassé. Il faut savoir le reconnaître et utiliser tout ce qui est mis à notre disposition pour encourager un changement du statut de l’auteur. Amis auteurs, cela passe par d’autres voies que la simple rédaction de livres, et pour les lecteurs, par un soutien personnalisé de l’auteur (ne serait-ce qu’en refusant le téléchargement illégal… 😉 Lisez l’excellent article de Lionel Davoust sur ce sujet)

Comme toujours, merci de laisser vos commentaires ci-dessous. Vous en pensez quoi, vous, de tout ça ?

Vous connaissiez ou aviez une idée des chiffres que je vous ai donnés ? Vous êtes d’accord sur le fond pour que les auteurs soient plus rémunérés ?

Et en complément, vous pouvez aussi relire ce que j’ai écrit à ce sujet dans ma chronique sur MonBestSeller.com sur l’idée reçue « S’autoéditer, c’est s’endetter ».

* 10 % de 20 € soit 2 €. 1200 €/2 = 600 livres par mois soit 600 x 12 mois = 7 200 à l’année.

** 50 % de 20 € soit 10 €. 1200 €/10 = 120 livres par mois soit 120 x x12 mois = 1 440 à l’année.

 

Troisième partie ici : http://nathaliebagadey.fr/index.php/2016/04/09/ecrire-un-travail-une-passion-ou-un-metier-34/


Article importé de mon précédent blog

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Denis
Invité
Denis

Intéressant. Je vois que tu avais créé à l’époque de l’article une page Tipeee mais je n’étais même pas au courant ^^ On dirait que tu n’as pas trop partagé l’info sur les réseaux. As-tu abandonné l’idée ?