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Écrire : un travail, une passion ou un métier ? (4/4)

écrire _ un travail ou un métier _ 4Aujourd’hui, c’est #JeudiAutoEdition, une initiative bien sympathique en provenance du blog le bazaar aux livres.

Toute la journée, je vous ai programmé des « tweets » spéciaux « auteurs autoédités » afin de moi aussi contribuer à rendre plus visible cette belle communauté. Et je termine ma contribution à l’opération en publiant cet article, le dernier de ma série sur le sujet « écrivain, est-ce un métier ? »

 

Après avoir successivement abordé l’activité d’écriture comme 1. « l’exercice par une personne d’une activité dans un domaine professionnel », 2. « (l’exercice par une personne d’une activité) en vue d’une rémunération » et 3. avoir discuté de la « durée suffisante » qu’il faut pour la pratiquer, me revoici aujourd’hui avec le dernier point : 4. comment acquérir un « degré de maîtrise » suffisant ?

 

Ne pas avoir peur du syndrome « Premier roman »

Souvent, la peur de ne pas produire un texte parfait peut nous empêcher de passer le cap et devenir « écrivain ». Le premier texte que l’on écrit comportera forcément des maladresses, des erreurs de débutants, des effets de style que nous aurons peut-être du mal à assumer plus tard.

Mais ce sera un « premier roman », avec tout ce que cela comporte de droit à l’erreur, de naïveté, de fraîcheur aussi… Un « premier roman » a quelque chose de particulier, qui s’accompagne le plus souvent de l’indulgence des lecteurs.

Et d’ailleurs, peut-être même n’aurez-vous pas besoin de celle-ci : je suis sûre que certains des lecteurs d' »Éclosia ou l’Écosse des légendes » ignorent même qu’il s’agit de mon premier roman.

En outre, dès le deuxième titre paru, vous verrez que le discours et le regard changent. J’ai raconté comment j’avais adapté mon « pitch » lors de ma journée de dédicaces à Cultura, après avoir écoulé tous mes exemplaires d' »Éclosia » : j’ai alors mis en avant « mon dernier roman ». Cette notion du « dernier » roman dégage quelque chose d’assez irrésistible, ainsi que j’ai pu alors le remarquer.

 

L’autoédition facilite le processus des révisions

Il est clair que contrairement à des tirages à des milliers d’exemplaires, l’autoédition rend le processus de correction extrêmement rapide. Je m’explique : à la publication de mes romans, il est resté quelques coquilles. J’ai beau avoir prêté une grande attention à ce point, étant une intégriste de l’orthographe, je n’ai pas pu tout corriger, tout simplement parce qu’à force de lire et relire mon texte, je n’en voyais plus les erreurs (c’est la théorie du « chemin de pensée » : on sait tellement où va la route qu’on ne regarde pas les petits cailloux qui la jonchent).  Mais grâce aux lecteurs, j’ai vite compilé une petite liste de ces erreurs… Et en quelques clics de souris, elles avaient disparu du manuscrit.

Cela veut donc dire, comme il s’agit d’impression à la demande ou d’ebooks, que tous les livres vendus immédiatement après que j’aie validé ces corrections étaient « parfaits » (du moins en ce qui concerne fautes et typos, bien sûr). Plus d’exemplaires se promenant dans la nature avec d’abominables fautes ! Pratique, non ?

 

Les retours des lecteurs

Je vous ai déjà dit à quel point, pour moi, un auteur pouvait légitimement arborer la casquette d’écrivain lorsqu’il avait de bons retours des lecteurs.

Je ne vais pas revenir là-dessus, mais je vais évoquer un autre aspect de la chose : l’exposition au public. Lorsque vous publiez votre texte, il ne vous appartient plus tout à fait, il est sur la place publique. Des personnes ont versé de l’argent pour pouvoir le lire. Il leur appartient donc un peu également. Cela va leur donner le droit de commenter votre texte, peut-être de façon injuste. Vous n’y pourrez pas grand-chose. L’immédiateté du net permet beaucoup de choses, des élans enthousiastes comme des vitupérations assassines, et notre contrôle sur cela est limité.

En ce qui me concerne, j’ai choisi de ne pas chroniquer des livres que je n’ai pas aimés, par respect pour le travail fourni par l’auteur. Même si son livre ne m’a pas convenu (style, histoire, mise en forme), je sais mieux que personne la somme d’heures qui se cachent derrière le plus petit livre. Et à quel point les goûts et les couleurs ne s’expliquent pas toujours. Plutôt que de faire de la peine à ceux qui n’ont pas eu l’heur de me plaire, j’ai choisi de mettre en valeur ceux qui ont réussi à m’émouvoir, afin que d’autre puissent bénéficier de ces découvertes et puissent peut-être être émus à leur tour.

Enfin, l’autre intérêt des commentaires des lecteurs (outre le plaisir qu’on ressent toujours à voir que notre histoire a été aimée), c’est qu’ils nous poussent à nous dépasser et à nous améliorer. Ainsi, pour « Éclosia », j’ai écouté ce que me disaient plusieurs commentateurs : « c’est trop court ! », « on en veut plus ! », « j’ai un peu regretté que l’histoire d’amour soit trop rapide »… et ai développé précisément ces points dans mon deuxième roman.

Cela ne veut pas dire que je répondrai systématiquement aux demandes des lecteurs, mais c’est une bonne indication de ce qui peut les intéresser pour la suite et cela me pousse à essayer de mieux faire.

 

La régularité, clé du succès

Je le constate clairement : depuis que j’ai instauré des plages d’écriture « fixes », que je m’oblige à avoir des « temps d’écriture non négociables »… j’avance d’une part plus vite dans l’écriture et d’autre part… je sens que mon style s’affine, nécessite moins de corrections, et que je sais où je vais.

Il me semble aussi qu’à « mes débuts », je tâtonnais plus en essayant de voir ce que je pouvais proposer de différent… Or, maintenant, je ne me pose plus la question de trouver ma voix, de chercher ce qui rend mon écriture sinon unique, au moins personnelle… J’ai remarqué que mes tournures de phrases plaisaient, même s’il n’y avait pas de verbes, même si l’on y trouve ces participes présents pourtant si décriés.

Bien sûr, je réécris plusieurs fois mes textes, je les prononce à voix haute, je me « fais la main » avec des AT (appels à textes), je ne reste pas figée sur du premier jet. Mais je sens bien qu’à force d’écrire, le processus devient plus simple et nécessite moins de retouches.

 

Voilà, j’ai fait le tour de tous ces critères que l’on doit prendre en considération lorsqu’on envisage de faire d’une activité son « métier ». Je sais qu’en ce qui me concerne, je ne peux pas tout à fait me déclarer « écrivain », notamment en ce qui concerne le deuxième point, la rémunération, mais aussi parce que cela ne fait pas très longtemps que je publie mes histoires.

Mais j’y crois, j’y crois vraiment. J’espère que vous y croyez vous aussi et que vous continuerez à donner votre chance aux auteurs autoédités. Ou à vous lancer vous-mêmes dans l’aventure afin de contribuer à fournir ces textes de qualité et ces « puissantes expériences émotionnelles » qui sont la marque des bons livres.

Bonne fin de journée, et vive le #JeudiAutoEdition !

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Kohana Kimura
Invité

Merci Nathalie pour cet article.

Je me suis parfaitement retrouvée dans cette différenciation par rapport à mes débuts et ceci même si je travaille toujours sur mon premier roman. Comme dirait l’adage, c’est en forgeant qu’on devient forgeron. Il n’y a pas de mystère !

L’étape de la correction m’apporte beaucoup sur ce point. J’apprends de mes erreurs, je prends de nouveau automatismes. L’étape de transition a été difficile, cela dit. A force d’avoir la tête dans le guidon, j’avais développé un certain blocage vis-à-vis de l’écriture, la peur d’avoir perdu cette spontanéité qui me poussait à écrire sans me soucier du choix des mots.

Kohana Kimura
Invité

Ce n’était même pas du premier jet (je suis aussi partisane de l’écriture d’une traite du premier jet 😉 ). C’était de simples petites scènes que j’avais en tête xD

Zahardonia
Invité

Ah ! La régularité… Je crois que c’est l’un de mes plus gros points faibles en ce qui concerne l’écriture ! ^^ »

Merci pour cette série d’articles très intéressants et qui ont trouvé beaucoup d’écho chez moi 🙂