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Mon aventure dans l’autoédition – 5. La bêta lecture

 

Vous avez écrit un texte (on ne peut pas encore appeler ça un livre, ni même, dans mon cas un roman dans sa première version…)

Si vous voulez prétendre le proposer à la vente… il faut tout d’abord vous assurer qu’il peut être lu. Vous l’avez peut-être écrit pour vous à la base, mais de le commercialiser cela change la donne. Il faut vous assurer que ce qui vous paraît génial soit bien perçu ainsi par les lecteurs. Qu’ils voient où vous voulez en venir… et qu’ils aiment ce que vous leur racontez.

Et vous devez absolument vous en assurer avant d’entamer la flopée d’étapes suivantes.

Il va donc falloir soumettre votre texte à des bêta-lecteurs.Mon aventure dans l'autoédition - 5. La bêta lecture

Pour ceux qui ignoreraient ce qu’est la bêta-lecture et qui s’imagineraient que j’ai confié le manuscrit d’Eclosia à des crétins, j’explique : la bêta-lecture consiste à lire un texte en signalant à l’auteur les passages où l’on a été « sorti de sa lecture », où l’on n’a pas compris où l’auteur voulait en venir, où l’on regrettait que la scène soit trop courte ou juste mentionnée, mais aussi les passages et phrases qui ont plu, les « coups de cœur ». Bref, analyser ce qui fonctionne ou pas du côté du lecteur.

Pour moi la bêta-lecture a ses limites.

Je suis une grande fan du forum « CoCyclics », où des auteurs de l’imaginaire se retrouvent pour travailler, papoter ensemble sur leurs thèmes préférés. Et j’ai fait mes premiers pas sur le forum en tant que bêta-lectrice : j’ai lu et commenté les textes de certains, avant d’obtenir le même service sur plusieurs de mes textes.

Cependant, il y a quelque chose qui me gêne en fait dans cette démarche : si la critique est toujours constructive et que les bêta-lecteurs ne proposent pas des changements du texte, laissant l’auteur libre de réécrire celui-ci avec ses propres mots ou de le laisser tel quel, il n’empêche qu’on va lire un texte avec l’idée de la bêta-lecture en tête. Donc on va forcément être plus critique et attentif aux « petites failles » d’un texte qu’un lecteur lambda qui va prendre le livre et se laisser prendre par l’histoire car le fait que ce soit un livre lui donne une légitimité qu’il ne questionnera pas. C’est seulement au fil des pages, si l’histoire ou l’écriture ne sont pas de qualité, qu’éventuellement le lecteur se dira « Mmm, bof, j’attendais mieux ». Tandis que lorsque l’on est bêta-lecteur, on est mis d’office dans une position évaluative du texte, et donc pas vraiment en position de lecteur ouvert au texte.

En outre, les remarques peuvent parfois s’avérer problématiques car le ressenti des lecteurs n’est pas forcément identique et qu’en voulant plaire à l’un, on en agace un autre…

D’autre part, à force de modifier des choses, le texte s’écarte parfois complètement de ce que l’on voulait en faire. Au point que parfois, même s’il semble « parfait » après les nombreuses bêta-lectures car on en a modifié les faiblesses… eh bien il ne nous plait plus autant et on le laisse tomber.

Ceci étant dit – c’est l’une des raisons pour laquelle j’ai arrêté de bêta-lire, l’autre étant le manque de temps – il n’empêche que cette phase est absolument nécessaire lorsque l’on veut pouvoir proposer un roman entier. Si la bêta-lecture d’un texte d’une page me semble souvent mener à trop de précisions parfois tatillonnes, il n’en est pas de même pour la bêta-lecture d’un roman entier.

Pour ma part, j’ai bénéficié sur mon roman de 4 regards éclairés : ceux de Marilyn, Cécile (ma fille), Leslie et Aurèle. Petit à petit, mon texte s’est affiné, agrandi, nourri des manques constatés par ces lectrices avisées.

Et je pense qu’il en est devenu bien meilleur.

Il y avait des parties qui, pour moi, allaient de soi, mais c’est parce que je suis professeur d’anglais et que je connais bien les détails de l’histoire de l’Écosse. Or mes lectrices étaient parfois perdues. Le plus souvent elles m’ont fait remonter des frustrations de ne pas en savoir plus sur tel ou tel personnage que j’effleurais à peine.

A qui faire bêta-lire son texte ?

Il faut déjà avoir une pleine et entière confiance dans la personne à qui vous remettez votre manuscrit. Je ne parle pas nécessairement du risque de « vol » du manuscrit (bien que cela soit arrivé à d’autres, malheureusement), mais plutôt de la confiance dans le regard du lecteur. Il faut à la fois qu’il soit dans le public « cible », mais aussi qu’il sache être franc avec vous pour vous signaler ce qui ne va pas. Et qui soit diplomate dans sa façon de vous faire remonter les informations (car la première réaction de l’auteur va être de souffrir du fait que vous n’ayez pas trouvé son texte génial de bout en bout… avant de se dire que vous êtes son sauveur de ne pas l’avoir laissé publié un tel chiffon en l’état, que vous avez mille fois raisons et que maintenant le texte est bien mieux grâce à votre remarque).

Il me serait difficile de vous donner un chapitre entier en exemple, mais je peux illustrer la démarche avec mon titre.

Initialement, j’avais appelé mon histoire « Clorinde au pays des légendes ». Elle était destinée à une anthologie de nouvelles sur l’Écosse, donc la mention du pays aurait figuré par ailleurs sur la couverture. J’aimais le côté « Alice au pays des merveilles » de ce titre.

Puis l’anthologie est sortie sans ma nouvelle puisque celle-ci était pressentie pour devenir un roman. Du coup, j’allais devoir changer mon titre car je voulais qu’il y ait cette référence à l’Écosse, source d’inspiration n°1 de l’histoire. (Et puis de toute façon, il n’y avait pas eu l’évidence que j’avais ressentie pour mes autres titres)

Cela a donc tout d’abord donné :

« Clorinde et les légendes d’Écosse » ou « Clorinde et les légendes écossaises ».

Mais cela m’embêtait car il n’y avait pas référence à un thème important de l’histoire : l’ « éclosion » de l’héroïne…

J’ai donc envisagé les titres suivants (ne riez pas !) :

« Éclosion écossaise » ou « Métamorphose écossaise ».

Mes bêta-lectrices ont moyennement aimé…

J’ai alors repensé à un autre thème présent dans le livre : un petit pendentif en forme d’ailes, auquel l’héroïne tient beaucoup.

Et cela a alors donné (dans le désordre) :

« Des ailes en Écosse »

« Des ailes écossaises »

« Des ailes pour Clorinde »

« Des ailes écossaises pour Clorinde »

« Des ailes et des légendes »

Mouais… bof.

En outre, j’aimais beaucoup un nom qui apparaît au milieu de l’histoire : Éclosia, et je trouvais qu’il serait mystérieux et enchanteur à souhait, ce que m’ont confirmé certaines de mes bêta-lectrices.

Me revoilà à tourner autour de :

« Éclosia d’Écosse »

« l’Écosse d’Éclosia »

avant d’arriver enfin à

« Éclosia ou les légendes d’Écosse »

J’étais à 98% satisfaite de ce titre : dedans il y avait ce qu’il fallait de mystère avec le prénom d’Éclosia, la mention de l’Écosse et de ses légendes, pour avertir les lecteurs qu’on se dirigeait vers le merveilleux plus que vers le réalisme.

Il y avait juste un petit truc qui me chiffonnait.

Et puis une nuit j’ai trouvé le bon titre.

« Éclosia ou l’Écosse des légendes »

Parfait pour moi et validé par les bêta-lectrices, enthousiasmées.

En effet, la proposition précédente semblait proposer, avec ce « ou » (auquel je tenais afin de produire un effet « sous-titre ») une équivalence entre un nom de personnage, au singulier, et des récits au pluriel. Cela m’embêtait car ce n’était pas exactement ce que je voulais dire.

Avec mon titre définitif, je compare deux noms propres au singulier, et je particularise l’Écosse (qui a presque le rôle d’un personnage dans mon histoire) en en précisant l’un de ses aspects, celui des légendes.

Pour moi, il est mystérieux et élégant.

Qu’en pensez-vous ? Peut-être adorez-vous un autre des précédents titres ? Si c’est le cas, c’est dommage, car c’est celui-là que nous avons toutes choisi.

J’espère que vous aurez vu l’utilité de la phase de bêta lecture dans cet article.

Le prochain traitera d’une autre phase, que l’on pourrait croire identique mais qui est bien différente : la phase de corrections.

NB cet article a été illustré avec une image provenant d’un site avec un article hilarant sur les joies de l’autoédition :  Je vous le conseille, mais laissez un comm ici d’abord.

Suite de la discussion sur la bêta-lecture ici.

 

[Article importé de mon ancien blog]

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